– CE QUE LE JOUR DOIT A LA NUIT – Retour aux premiers amours

Ce que le jour doit à la nuit était particulièrement attendu au Festival CINEMANIA. Réalisateur respecté du cinéma français, Alexandre Arcady a fait débuter de nombreux acteurs tant populaires que respectés, notons notamment Jean-Pierre Bacri ou encore Gérard Darmon. Son dernier long-métrage en date revient aux premiers amours du réalisateur ; la guerre d’Algérie, l’exode des « pieds-noirs » et la question identitaire. Avant la critique, une entrevue entre le réalisateur et le blog de CINEMANIA est disponible :

Synopsis

Algérie, années 30. Younès, 8 ans, voit son père perdre son champ dû à un incendie criminel. Obligée de quitter la campagne, la famille du petit garçon s’installe à Oran. Mais face aux difficultés, Younès est confié à son oncle pharmacien, marié à une française. Il s’appelle désormais Jonas et grandit au sein d’une Algérie agitée par les conflits.

Critique

« Le livre de Yasmina Khadra m’est apparu comme un don du ciel, comme si je l’avais attendu toute ma vie de réalisateur ». C’est sur ces paroles, non moins ému, qu’Alexandre Arcady justifie le choix d’adapter le roman Ce que le jour doit à la nuit à l’écran. Le romancier algérien, le réalisateur français d’Algérie, le film retrace une période extrêmement importante du contexte franco-algérien.

Et le résultat est convaincant, sûrement grâce à l’honnêteté des propos recueillis dans l’ouvrage. Le récit s’applique en effet à montrer cette histoire sur les deux bords. Le personnage principal, Younès ou Jonas, rencontre la difficulté de cacher ses origines et son histoire familiale, à l’exception de ses proches. Aussi, la caméra suit l’ascension de ce jeune homme, entouré de jeunes français emplis d’illusion et d’idéalisme, ignorant la possible guerre à venir. Néanmoins, l’histoire n’oublie jamais l’Histoire. Car le film nous relate de même la montée des tensions raciales, des violences et de l’absurdité des origines de cette guerre qui a marquées l’Algérie et la France.

Le travail sur les décors est époustouflant, entre la France, l’Algérie et la Tunisie. Le passage des années 40 aux années 60 nous fait voyager sans accroc et nous dévoile une époque que l’on avait presque oubliée. Celle de la France coloniale, ou les générations, les idéologies se côtoient et se confrontent dans un contexte historique sensible.

A noter les très beaux rôles de Madeleine et de Mohamed (interprétés par Anne Consigny et Mohamed Fellag), couple franco-algérien qui lutte avec beaucoup de bravoure contre les préjugés et ne craignent pas d’aimer Younès comme leur fils, n’hésitant pas à le protéger en changeant son nom et ses modes de vie. Pourtant, ils sont les premiers à apprendre au personnage principal de ne pas oublier d’où il vient. C’est sûrement ce dernier aspect qui englobe tout le film ; l’identité comme essence de l’Homme.

Sophie Laisney.

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