– VOIE RAPIDE – Un premier film à fond la caisse !

Plongée dans le monde du tuning avec le premier film du réalisateur français Christophe Sahr, présenté cette année à CINEMANIA. Ce long-métrage est programmé ce samedi 1O novembre, à 13h30, au cinéma l’Impérial.

Alex (Johan Libéreau), passionné par le tuning, délaisse sa copine (Christa Theret) et leur fille Jennyfer.

Synopsis

Alex, 25 ans, nourrit une passion dévorante pour le tuning, ses codes, ses coutumes, ses soirées entre potes. Il bichonne sa voiture d’un jaune flamboyant, comme si elle était toute sa vie et en oublie Rachel, sa copine, et leur fille Jennyfer. Mais une nuit, à bord de son bolide, il renverse un jeune homme. N’en parlant à personne, préférant s’enfermer dans sa coquille, Alex est hanté par ce drame.

Critique

« Avec Voie rapide, je voulais échapper aux films de lascars. » C’est ce que confiait Christophe Sahr en août dernier au site internet evene.fr.  Pari réussi pour le réalisateur qui signe ici son premier long métrage.

Oui, Voie rapide se déroule en cité parisienne, au milieu des tours HLM. Mais ici, pas question de parler pauvreté, immigration ou petites frappes, un décor de banlieue maintes fois rabâché au cinéma. Non, Christophe Sahr choisit de dépeindre une autre réalité sociale, celle d’un jeune couple qui se construit une vie normale. Alex (Johan Libéreau) et Rachel (Christa Theret) sont de jeunes parents de 25 ans qui  peinent un peu à joindre les deux bouts mais ne sont pas pour autant dans la misère : ils habitent un petit appartement décoré avec soin, travaillent tous les deux au Super U du coin et Rachel espère même partir en vacances pour emmener sa fille voir la mer.

Enfin, si Alex arrête les frais. Niveau bagnole, entendons-nous. Parce que le jeune homme passionné de tuning n’a d’yeux que pour sa voiture jaune rutilante qu’il astique tellement qu’on en vient à se demander s’il ne la préfère pas à sa copine. Cette voiture, personnage à part entière du film, permet justement à Christophe Sahr de démontrer ses talents.

De La fureur de vivre à Drive

En effet, en installant son histoire dans le monde du tuning, le réalisateur réussit plusieurs choses. D’abord à filer une métaphore parfaite. Alex et sa voiture ne font qu’un. Ainsi, à mesure que lui s’abîme dans sa souffrance, sa voiture s’égratigne aussi, suite à divers accidents. L’idée est anecdotique mais apporte une saveur particulière au film.

Ensuite, Christophe Sahr parvient à flirter avec le bon cinéma américain, de La fureur de  vivre à Drive (réussite américaine de l’année 2012 avec Ryan Gosling et signée Nicolas Winding Refn) filmant des voitures qui roulent à fond la caisse et usent le bitume à vitesse grand V. Son générique éblouissant, succession de plans de bolides plus colorés les uns que les autres et défilement des noms des acteurs et techniciens du film en lettres argentées brillantes, fait d’ailleurs écho à celui du film de Nicolas Winding Refn.

Enfin, grâce à un sens de la mise en scène indéniable, il parvient à plonger le spectateur dans un univers qui, s’il n’est pas méconnu, est d’habitude plutôt tourner en dérision. Là, le tuning n’est pas beauf. Il a ses codes, ses rites, ses adeptes. Et Christophe Sahr parvient à nous entraîner dans son monde, avec naturel. Preuve en est lorsqu’Alex découvre la nouvelle voiture tunée d’un de ses copains et qu’ils essaient le système de son hyper puissant installé dans le véhicule. On s’y croirait.

Drame sociologique

Ce réalisme social tient aussi dans la justesse des personnages et dans l’interprétation, toute en finesse, des acteurs. Johan Libéreau est un fougueux formidable, délaissant sa copine pour son volant. Et Christa Theret, connue pour son rôle (aux antipodes) dans LOL, d’une sincérité incroyable, lorsqu’elle campe cette jeune fille, la tête sur les épaules, qui a juste envie de mener une belle vie de famille.

Mais l’histoire de Voie rapide ne s’arrête pas là. Après l’événement tragique qui survient, le film se rapproche rapidement du drame sociologique. L’idée est bonne – quoique pas très originale, une personne qui prend la fuite après un accident, on a déjà vu – ; le personnage rongé par la culpabilité, joué par Johan Libéreau, est criant de vérité. Mais la tension s’essouffle rapidement. Finalement, le réalisateur s’éparpille, on ne sait plus trop où il veut en venir. Certains rebondissements sont faciles, voire peu crédibles – on pense notamment à la relation entre Alex et la mère du jeune accidenté.

Christophe Sahr réalise donc un long-métrage inégal, mais il apporte une patte unique, rarement vu dans le paysage cinématographique francophone. Gageons que ce réalisateur refera parler de lui (en bien) et saura encore apporter un souffle nouveau au cinéma français.

Anne-Laure Le Jan

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2 réflexions au sujet de « – VOIE RAPIDE – Un premier film à fond la caisse ! »

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