– LOVE AND BRUISES – Entre passion et voyeurisme

Tahar Rahim et Corinne Yam sont à l’affiche de Love and Bruises.

Synopsis 

Hua, étudiante chinoise à Paris rencontre Mathieu, un jeune ouvrier. Malgré leurs différences, une relation passionnelle se crée. Mais la réalité va les rattraper, déstabilisera Hua qui prendra la décision de le quitter et de retourner en Chine pour retrouver son ex-amant et l’épouser. Pourtant, la place qu’a pris Mathieu dans la vie de Hua va au-delà de ce qu’elle imaginait.

Critique

Dernière réalisation de Lou Ye après trois longs-métrages sélectionnés à Cannes (Purple Butterfly en 2003, Une Jeunesse Chinoise en 2006 et Nuit d’Ivresse Printanière en 2009), le réalisateur traque une nouvelle fois la passion dévorante voire destructrice qui anime les relations amoureuses.

Love and Bruises se résume parfaitement dans son titre. Ce que l’amour peut apporter comme lot de blessures, qu’elles soient physiques ou morales. L’histoire de jeunes gens que tout distingue, qui se rencontrent par le hasard des choses. Tahar Rahim (Mathieu) est bon dans son rôle de jeune mec paumé, romantique et violent. Au final, l’intensité du film de Lou Ye repose sur le caractère à fleur de peau de ce personnage, mal dans sa peau, qui ne sait pas comment aimer dans un environnement social et culturel difficile.

Issu d’un milieu populaire teinté de dureté, Mathieu est très vite fasciné par Hua (Corinne Yam) qui ne ressemble à aucune femme qu’il a rencontré au préalable. Intellectuelle, belle, étudiante étrangère, elle s’assimile très vite à un fantasme accessible. Ainsi commence un amour passionnel, déraisonné et dont la troublante sincérité est parfaitement montrée dans l’œil de la caméra. L’amour que ressent Mathieu pour Hua crève l’écran malgré un début de relation assez sombre (leur premier ébat se fait dans la brutalité).

Très vite, les deux protagonistes savent qu’ils risquent de se brûler les ailes pour cet amour sauvage et impossible. La pénétration de l’un dans l’univers de l’autre ne se fait jamais sans confrontation, ce qui assujettit Mathieu et Hua à un drame permanent qui finira par les consumer.

Ce qui peut déranger dans Love and Bruises fait pourtant partie immanente du film, mêlant amour passionnel, intimité et sous de nombreux angles, l’accumulation de situations malsaines. Comme dit précédemment, le premier ébat (premier d’une longue suite) entre les personnages appuie sur le malaise car on ne sait pas réellement s’il s’agit d’un viol, d’un jeu sexuel, si la femme souffre ou prend du plaisir. Par la suite, l’enchaînement des ébats donne souvent l’impression que le sexe est présent pour combler les vides ou par simple voyeurisme. Aussi, l’actrice Corinne Yam, a opté pour la difficulté en choisissant un personnage féminin dont l’extrême fragilité peut s’assimiler à de la faiblesse. Cette faiblesse qui a très vite la facilité de nous agacer, par le manque de contrôle constant que la jeune femme a sur ses décisions, sur son corps et plus généralement sur sa vie. La délicatesse de son jeu rattrape le personnage en nous la rendant attachante.

Le fait est que la maîtrise de cette tension dramatique est palpable. Lou Ye parvient à capter l’attention puis à happer le spectateur dans cette histoire d’amour qui fait office de microcosme, avec des scènes travaillant de façon parfois abruptes sur l’intimité et le rapport au corps. L’objectif sait capter la beauté fragile qui émane de ces deux protagonistes au sein de ce Paris populaire, désillusionné et parfois sale.

 Sophie Laisney.

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