ENTREVUE – Christa Theret, étoile montante du cinéma français

Christa Theret est à l’affiche de Voie rapide, Renoir et L’homme qui rit, trois films présentés à CINEMANIA cette année.

La jeune actrice, célèbre pour son interprétation d’adolescente dans LOL avec Sophie Marceau, est à l’affiche de trois films présentés lors du festival CINEMANIA (Voie rapide ; Renoir et L’homme qui rit). Elle a répondu à nos questions.

Voie rapide

Le journal de CINEMANIA : Voie rapide est un premier film qui traite de l’univers particulier du tuning. Qu’est-ce qui vous a donné envie d’y participer ?

Christa Theret : C’était un risque, sachant que le film s’est fait avec très peu de budget et qu’il n’y avait pas de distributeur. Mais ce qui m’a vraiment touché, c’est le contexte social du film avec ces deux jeunes gens qui se battent, qui n’ont pas eu les mêmes chances que tout le monde. Et puis le personnage de Rachel avec sa petite fille est un rôle plus mature que ceux que j’ai pu faire avant. Enfin, il n’y a pas de misérabilisme dans ce film, comme c’est parfois le cas avec ce genre de sujets. Il y a un espoir, le film va de l’avant.

LJDC : Connaissiez-vous déjà le monde du tuning avant le tournage ?

CT : C’est en complet décalage avec ce que je vis à Paris ! Je ne connaissais absolument pas ce milieu. Une scène du film montre une vraie réunion de tuning, lors de laquelle une moto fait des roues. Ce sont des passionnés, et j’ai trouvé intéressant de ne pas montrer ça comme un milieu de « beaufs ».

LJDC : Comment percevez-vous Rachel, votre personnage dans le film ?

CT : Rachel est une femme forte qui n’a pas forcément eu la même chance que tout le monde. Elle se bat, c’est une fille complètement déterminée, autonome et responsable. Si le réalisateur n’a pas voulu prendre un parti d’engagement social, le fait de montrer ces gens qui se battent, qui n’ont pas eu l’accès aux études ni d’appartement payé par les parents me semble important.

Dans Renoir, Christa Theret interprète Andrée Madeleine Heuschling, l’un des derniers modèles du peintre et la première épouse de son fils cinéaste.

Renoir

LJDC : Est-ce que vous connaissiez Renoir avant le film et comment avez-vous appréhendé cette période, cette histoire ?

CT : Je connaissais un peu car mon père était artiste-peintre et ma mère modèle. Cela m’a évidemment donné envie, ainsi que le rapport que le peintre entretient avec l’extérieur, avec la beauté des choses, la manière dont il soulève la femme et la nature. J’aime beaucoup aussi la dualité entre la vie et la mort, ce sur quoi Gilles (Gilles Bourdos, réalisateur du film, NDLR) a fortement insisté, ce qui lui a permis de créer une belle harmonie entre le peintre, la femme, la beauté et la mort.

LJDC : Pour créer votre personnage, vous êtes-vous inspirée de votre mère ?  

CT : J’avais vu ma maman poser, et c’est très difficile. Beaucoup de gens aujourd’hui ne savent plus l’importance qu’avait un modèle pour un peintre, et là on la comprend, notamment lorsque Andrée s’en va et que Renoir lui dit qu’il a besoin d’elle.

Dans L’homme qui rit, Christa retrouve Marc-André Grondin avec lequel elle a tourné Mike, sorti en 2011.

L’homme qui rit

LJDC : Dans Renoir, vous tournez donc avec Michel Bouquet, et dans L’homme qui rit avec Gérard Depardieu. Comment vivez-vous le fait de côtoyer de grands noms du cinéma ?

CT : Ça a été formidable, j’étais très impressionnée. Plus les gens sont grands et plus ils sont simples. C’est le cas de Michel Bouquet et Gérard Depardieu, même s’ils sont très différents ! Michel est beaucoup plus retenu et sérieux quand Depardieu déconne et provoque. Ces deux expériences ont  été très enrichissantes : quand ils lisent leurs textes, on a l’impression de ne plus connaître le nôtre, dans le sens où ils écoutent. Ils rendent l’autre juste.

LJDC : Pouvez-vous nous parler de L’Homme qui rit, adapté du roman de Victor Hugo et qui sera projeté en clôture du festival dimanche soir ?

CT : Le réalisateur ne voulait pas reconstituer fidèlement l’époque, mais faire quelque chose de plus détaché à la manière d’un conte. C’est très stylisé dans les décors et les costumes. La difficulté était de trouver un ton naturel à partir d’un certain lyrisme présent dans le texte de Victor Hugo. Le film véhicule de belles valeurs, car Hugo a été l’un des premiers écrivains à associer la beauté aux monstres et aux pauvres, comme dans Les misérables par exemple. Dans une société où la plastique, l’apparence et l’image sont sacrées, ça fait du bien.

Entrevue : Anne-Laure Le Jan / Martin Gauchery

Photos : Martin Gauchery

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