– DEAD MAN TALKING – Un condamné à mort à la langue bien pendue

Pour son premier long-métrage, l’humoriste et désormais réalisateur Patrick Ridremont déboule là où on ne l’attendait pas avec Dead Man Talking. Une fable sombre et burlesque qui  met en scène un condamné à mort qui transforme ses dernières paroles en une logorrhée salvatrice. Parle ! Et tu auras la vie sauve.

Patrick RIdremont, condamné à mort bavard de Dead Man Talking.

Synopsis

Un couloir de la mort, quelque part. Les aiguilles indiquent 20 h sur l’horloge et sonnent le glas pour William Lamers, condamné à mort par injection létale pour homicides. Les menottes aux poignets et sa vie comme boulet, il pénètre la salle d’exécution résigné, sans mot dire. Obligé par la loi, le gardien lui demande tout de même s’il souhaite parler, une dernière fois. L’homme hésite, bafouille face à cet imprévu. Puis la parole se dénoue et les phrases s’enchaînent pour ne plus s’interrompre. La juridiction est formelle : tant que le condamné ne met un point final à son discours, la sentence ne peut être exécutée. A partir de là, le « conte à rebours » s’enclenche pour le prisonnier, sommé de raconter sa vie pour la prolonger.

L’exécution du prisonnier, qui ne devait être qu’une formalité, devient alors un enjeu politique et médiatique au cœur d’une campagne électorale rocambolesque.

Critique

Dès les premières images de Dead Man Talking, le spectateur comprendra qu’il n’a pas à faire à un drame banal et sans saveur comme la bande-annonce pourrait le laisser présager. L’action se déroule dans un univers atypique hors de l’espace et du temps, au milieu d’un décor sombre, « presque graphique, proche de la bande-dessinée », explique le réalisateur. Malgré cette apparente lourdeur, le film ne manque pas d’humour, bien au contraire. La galerie de personnages, aussi burlesque qu’absurde, dénote avec la gravité du sujet et apporte au film une touche d’humour so British.

Autour d’un condamné christique incarné par Ridremont gravitent des personnages des plus atypiques : un curé sénile, un directeur de prison cynique (François Berléand, excellent), un gardien de prison jovial, une infirmière sourde, un homme politique véreux (Jean-Luc Couchard), un producteur de télé sans scrupule…

Bien que le titre soit une référence directe à Dead Man Walking, de Tim Robbins, Dead Man Talking n’est pas un film sur la peine de mort. Le contexte n’est là qu’un prétexte à une sorte de « conte philosophique » sans prétention. Patrick Ridremont revisite la fable de Shéhérazade pour mettre en lumière le pouvoir de la parole, des médias, de la loi et de la politique. Les dialogues sont efficaces et certaines scènes vraiment drôles. On est séduit par ce film qui sort de l’ordinaire et qui rappelle à tous que le Belgique est un grand pays de cinéma.

 Cyril Durand

Lire notre entrevue avec le réalisateur du film Patrick Ridremont ici.

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