– LES NUITS AVEC THÉODORE – Contemplation des Buttes-Chaumont

Diffusé en juin 2012 à la télévision française sous le titre Je suis une ville endormie, Les nuits avec Théodore est une tentative d’épuisement d’un lieu parisien brillamment réussie par Sébastien Betbeder, cinéaste contemplatif, rêveur et inventif.

Pio Marmaï et Agathe Bonitzer, prétextes à une agréable séance de contemplation onirique.

Synopsis

Lors d’une soirée dans un appartement parisien, Théodore (Pio Marmaï, également présent à CINEMANIA dans Alyah) fait la connaissance d’Anna (Agathe Bonitzer). Les deux jeunes gens se séduisent. Ils quittent la soirée ensemble et sur le chemin du retour, Théodore entraîne Anna dans le parc des Buttes-Chaumont. Ils escaladent le portail, se promènent sous la couverture feuillue de l’endroit, explorent l’espace, font l’amour et s’endorment. Ils se réveilleront au petit matin.

Cette nuit sera le point de départ d’une mystérieuse attraction. Le nouveau couple vivra sa romance de façon exclusive dans le parc, s’y rendant chaque soir et dormant parfois dans un pavillon abandonné. Au fil des expéditions nocturnes de Théodore et Anna, les Buttes-Chaumont dévoileront leurs secrets réels et fantasmés autant qu’elles consumeront les amoureux.

Critique

À ne pas y regarder d’un peu plus près, on pourrait se méprendre sur l’objet des Nuits avec Théodore. En effet, s’il raconte la rencontre et la relation amoureuse entre Théodore et Anna, ceux-ci ne sont pas les héros du film. Le personnage principal, c’est le parc des Buttes-Chaumont. C’est bel et bien le lieu qui est raconté et mis à nu, en tâtant son pouls, en explorant ses mystères, ses faces cachées, en le montrant simplement le jour et en le fantasmant la nuit.

Pour parvenir à ses fins, Sébastien Betbeder découpe et colle une multitude de genres (images d’archive, témoignage, entretien, conte, etc…) donnant à son œuvre une saveur toute particulière. Le film débute d’ailleurs par un portrait historique de l’endroit, tentative documentaire l’inscrivant d’emblée (le film, pas l’endroit) dans une trajectoire tout à fait originale.

Le parc des Buttes-Chaumont, héros du film de Sébastien Betbeder.

La partie fictionnelle offre une succession de plans plus contemplatifs les uns que les autres, ce qui a le mérite d’insuffler à l’histoire une dimension onirique intéressante. Le conte de Théodore et Anna permet à Betbeder de dévoiler une face mystérieuse du parc des Buttes-Chaumont. L’attirance étrange qui semble pousser les deux amoureux à revenir chaque nuit finira d’ailleurs par les détruire.

Le collage de toutes ces séquences est donc extraordinairement bizarre, offrant au spectateur une œuvre onirique, hyper contemplative, sombre et très intelligente. Dans sa tentative d’épuisement d’un lieu parisien, Sébastien Betbeder s’illustre avec brio. Il nous offre un film (plutôt un moyen-métrage, 67 minutes) dont on ne sait plus très bien s’il existe ou si on l’a rêvé.

Les dernières minutes sont sublimes et finissent d’ancrer Les nuits avec Théodore dans sa dimension contemplative, au son d’un mélancolique morceau de Beach House :

Martin Gauchery

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