– PARLEZ-MOI DE VOUS – Une voix dans la nuit, une comédie au grand jour

Premier-long métrage du réalisateur et scénariste Pierre Pinaud, Parlez-moi de vous, qui a déjà reçu un prix au Grand Prix du Festival du film de la Réunion en 2011, a trouvé son public, enthousiaste, pour cette première nord-américaine.

Karin Viard écoute les âmes esseulées dans Parlez-mois de vous.

Synopsis

Claire Martin, alias Mélanie entre 20h et 21h, anime une émission radiophonique où elle écoute les âmes esseulées, les réconforte et les conseille. Le calme et l’assurance qu’elle dégage en onde ne dit rien de sa vie personnelle, celle d’une psychorigide pleine de TOC, du type à enlever une paire de talons arrivée chez elle pour en enfiler une autre.

Claire retrouve sa mère, qui l’a abandonnée enfant, et dont l’absence a laissé une béance affective.  Sans lui avouer son identité, elle découvre cette vie qu’elle n’a pas eu, loin des quartiers chics, où l’on boit des bières sur des canapés à grosses fleurs. Et ce en la charmante compagnie de Lucas (Nicolas Duvauchelle), le fils de son beau-frère. De vingt ans son cadet, il tente d’approcher cette effarouchée des relations humaines.

Critique

Les réticences sont nombreuses au début du film, du fait de l’accumulation d’archétypes dont on connaît tous les déboires : une femme maniaque et hypocondriaque, de surcroît psychologue plus malade que ses patients, avec en fond le choc de la bourgeoisie et de la classe ouvrière, et enfin le drame de l’absence maternelle. Pourtant l’appréhension se dissipe rapidement, car l’humour fait mouche. Les situations sont véritablement drôles. En partie grâce au personnage incarné par Karin Viard, qui évite la caricature en la poussant jusque dans ses moindres faits et gestes. Rendue vulnérable et constamment mal à l’aise en face des gens, le spectateur est touché et espère qu’elle se laisse enfin aller.

Nicolas Duvauchelle tient également bien son rôle, mais il aurait valu d’être un peu secoué dans sa figure de joli garçon honnête. Quant à la famille retrouvée, très bien composée, elle ressemblerait aux Groseille dans La vie est un long fleuve tranquille, avec des cigarettes au bec mais beaucoup plus de cœur. Joëlle (Nadia Barentin), la mère de Claire, œuvre bénévolement dans un centre de tri, où l’animatrice radio se trouve embarquer, elle qui ne supporte pas les contacts étrangers. Elle rencontre aussi Ingrid (Catherine Hosmalin), la belle-fille de Joëlle, fervente auditrice de l’émission. Pierre Pinaud entre-croise donc les situations, crée les quiproquos, et sait très bien en jouer.

Malheureusement toute cette composition coupe court, quand on aimerait encore rire et connaître le dénouement d’une histoire si prometteuse. Mais bien que la fin soit évacuée dans une ellipse, on retient encore les retrouvailles mère-fille au-dessus d’un lit d’hôpital, si peu conventionnelles, et du coup rendues jouissives. Le film repose plus sur ses ressorts comiques (réussis) et non sur la trame narrative et psychologique qui, elle, demeure en surface. Il n’en reste pas moins que l’on passe un très bon moment.

Anne Castelain.

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