– LA CLINIQUE DE L’AMOUR – Un film qui crache dans la soap !

Onze ans après Grégoire Moulin contre l’humanité, Artus de Penguern revient à la réalisation pour une parodie burlesque des soap operas hospitaliers.

John (au centre) réussira-t-il à sauver la clinique Marshal et à conquérir le coeur de la belle Priscilla (à droite) ?

Synopsis

Les deux frères Marshal, John (Artus de Penguern) et Michael (Bruno Salomone), dirigent la clinique Marshal sous l’œil bienveillant de leur père. Entre pinces, scalpels et compresses, John, le chirurigien respecté et introverti, tente de déclarer sa flamme brûlante à Priscilla (Héléna Noguerra). Mais c’est son frère, séducteur patenté, qui ravit la belle infirmière et l’épouse.

Désemparé, John s’exile au Canada pour tenter d’oublier son amour perdu. Michael en profite pour transformer la clinique en cabinet de chirurgie esthétique et compromettre son mariage en couchant avec la mystérieuse et très inquétante Samantha (Natacha Lindinger).

Tout va mal, la clinique est au bord de la banqueroute et menace d’être rachetée par le terrible laboratoire Medibiotex. Une nouvelle qui manque de tuer le père Marshal. John rentre alors en urgence pour sauver la clinique. Il retrouve aussi la belle Priscilla…

Critique

Attention OVNI. La clinique de l’amour est une parodie intentionnellement lourdingue des soap operas en milieu hospitalier, en tête desquels trône l’inusable General Hospital, feuilleton lourdingue  – lui aussi, mais pas pour les mêmes raisons – diffusé à la télévision américaine depuis 1963 !

Dans ces soap, les ingrédients sont connus : romance interminable, personnages à la beauté fatale (et refaite), relations torrides, trahisons, meurtres, suspens insoutenable (oui oui…). Avec sa Clinique de l’amour, Artus de Penguern surfe allègrement sur la vague comique, reprenant les standards feuilletonesques pour les moquer sans vergogne.

Rappelant une autre parodie immanquable dans ce registre, Maîtresses et patients des Inconnus :

Ici, les acteurs sont français mais s’appellent tous Michael (à prononcer MaïKôl évidemment), John, Samantha (Samantha Bitch, s’il vous plaît), Priscilla, etc… L’intrigue est évidemment manichéenne, opposant l’héroïque John au veinal et un brin alcoolo Michael dans une lutte fratricide.

Le tout fonctionne très bien et De Penguern, qui signe ici sa deuxième réalisation après Grégoire Moulin contre l’humanité il y a onze ans, ne lésine pas sur le burlesque et le potache. Il va franchement dans l’excès, usant de rebondissements et de flashbacks ridicules, souvent pour le meilleur et parfois pour le pire (certaines blagues sont vraiment épuisées).

Et c’est grâce à cette posture de détournement total que le film peut s’autoriser tous les clichés. Les séquences au Canada, notamment celle où John affronte un ours – un costume grossier qui rajoute au comique de la scène – avant de boire une bière au coin du feu avec lui, fonctionnent car elles participent du pacte établi entre Artus de Penguern et le spectateur.

Les seconds rôles sont excellents, en particulier Dominique Lavanant qu’on a plaisir à retrouver en standardiste se réjouissant d’un accident de car, ou bien Renaud Rutten (excellent dans Dikkenek par exemple) en chauffeur de bus qui tape un peu trop dans la bouteille, lui aussi.

Mais si la mécanique fonctionne au poil et que certains gags sont férocement drôles, le tout s’essouffle un peu et souffre de quelques longueurs. Finalement, De Penguern aurait très bien pu s’en tenir à l’excellent court-métrage qu’il avait commis en 1999. Il s’intitulait La Polyclinique de l’amour, et tout était déjà là :

Martin Gauchery

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