– THERESE DESQUEYROUX – Le dernier chapitre de Claude Miller

Le dernier film de Claude Miller, Thérèse Desqueyroux, était présenté en première québécoise vendredi soir et samedi matin au cinéma Impérial, lors du festival CINEMANIA.

Audrey Tautou et Gilles Lellouche tiennent les rôles principaux du dernier film de Claude Miller.

Synopsis

L’histoire se déroule près de Bordeaux au début du XXe siècle. Thérèse Larroque est la fille d’un riche propriétaire viticole. Sa famille a quasiment la main mise sur toutes les vignes de la région. Et à cette époque, il est de bon ton de se marier entre gens de bonne famille. Le destin de Thérèse est donc tout tracé : elle épouse Bernard Desqueyroux, le fils d’autres riches propriétaire. En unissant leurs enfants, les deux familles passent maîtres dans la région. Thérèse devient donc une Desqueyroux, sans le vouloir vraiment. Indépendante, elle n’entend pas s’enfermer dans cette vie imposée, ce carcan qu’elle aimerait soulever…

Critique

Thérèse Desqueyroux est le dernier film de Claude Miller, réalisateur de talent décédé en avril dernier, à qui le festival CINEMANIA rend hommage cette année. Son dernier long-métrage est donc l’adaptation du célèbre roman éponyme de François Mauriac, sorti en 1927. L’histoire d’une jeune femme mariée sans vraiment le vouloir, incapable de se résoudre à son destin, qui, pour se libérer, va tenter d’empoisonner son époux.

Ce film fait écho à d’autres oeuvres célèbres du cinéaste. Thérèse (Audrey Tautou) est, comme Charlotte Gainsbourg dans L’effrontée, une jeune femme incomprise, solitaire. De même, comme dans Un secret, elle se retrouve confrontée à des affaires de famille et de respectabilité, des manipulations et des choses qu’il faut cacher. Enfin, Claude Miller choisit de suivre Thérèse dès son adolescence, comme si le réalisateur ne pouvait s’empêcher d’évoquer ce thème qui lui est cher et ce qui en découle : l’émancipation sexuelle, le désir de liberté, etc.

Ce film est important, évidemment, car c’est le dernier du réalisateur. Pas sûr cependant qu’il marque les esprits. Thérèse Desqueyroux est à double tranchant. A la fois, Claude Miller parvient à restituer une époque, à transporter le spectateur dans cette famille bourgeoise étriquée par les conventions. Et en même temps, il choisit une mise en scène trop sage. Le spectateur alterne entre émotion et ennui.

Audrey Tautou livre une performance moyenne. Parfois impeccable dans son rôle de dépressive, amaigrie, le visage grave, parfois peu crédible, comme si l’image de jeune fille légère qu’elle a beaucoup joué lui collait encore à la peau. Même si Claude Miller choisit d’adopter le point de vue de son personnage, le spectateur n’éprouve pas toujours de l’empathie. Gilles Lelouche, quant à lui, est très bon dans la peau de ce bourgeois un peu rustre, mais sympathique. Mais il faut surtout saluer la performance d’Anaïs Desmoustiers. Son personnage d’amoureuse transie, perdue entre son amour impossible et son respect des conventions, apporte une fraîcheur agréable.

En résumé, Thérèse Desqueyroux n’atteint pas le niveau de Garde à vue, L’effrontée ou Mortelle randonnée. Mais ce film recèle tout de même de jolies scènes tendres et délicates, comme Claude Miller sait le faire. Et il reste le dernier morceau d’une œuvre majeure du cinéma français.

Textes : Anne-Laure Le Jan. / Vidéo : Anne Castelain.

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