– AU GALOP – Tribulations d’un poète dans un Paris qui fait toujours rêver

La première du film Au galop s’est déroulé vendredi soir au cinéma l’Impérial. Une autre séance est prévue dimanche 4 octobre, à 15h.

Louis-Do de Lencquesaing a joué pour les plus grands, Chabrol, Desplechins, Godard, et plus récemment dans Polisse (Prix du Public Mel Hoppenheim 2011). Comme d’autres acteurs de talent, il passe aujourd’hui derrière la caméra pour présenter son premier long-métrage, Au galop découvert à la Semaine de la critique à Cannes.

Synopsis

Paul (Louis-Do de Lencquesaing), romancier aux allures aussi romantiques que désabusées, tombe amoureux de Ada, dont il bouleverse le foyer pourtant prospère et heureux. Paul perd son père tout en trouvant l’amour. Les membres de cette famille unie, aux caractères forts et colorés (la mère est interprétée par Marthe Keller et Xavier Beauvois tient le rôle du frère, entre autres) expriment le deuil dans des nuances subtiles, alors que le besoin de vivre l’amour se fait d’autant plus pressant.

Critique

Louis-Do de Lencquesaing  est présenté tel « un poète hyperactif » à cette avant-première nord-américaine. Et bien plus que les premières images, ce sont les premiers mots qui nous happent dans Au galop. La voix-off de Paul le romancier, installant tout de suite un rythme délicat, enlevé, qui aime les tournures de phrases élégantes et laisse aussi la place à l’humour. Qu’il s’agisse de tracer des autoroutes à la cuillère pour faire manger bébé, ou de l’aveu d’adultère, la poésie est là.

La caméra suit la mouvance, légère, et nous emmène avec fluidité d’un être à l’autre, d’un état d’âme à une rencontre, dans un Paris tel qu’on l’aime. Des pavillons bucoliques, des maisons de grosse pierre et des appartements sous les toits. Dans ces paysages entre ville et nature les personnages se déplacent, et on sent cette volonté de saisir leurs mouvements de vie, leurs manières à chacun de vivre ou fuir, le deuil et l’amour. Pourtant au travers de Paul, un brin cynique, rien ne semble jamais lourd, grave, dans l’adultère comme dans la mort. Louis-Do de Lencquesaing  préfère aller chercher la fragilité de chacun, puisque de toute manière comme le dit Ada, « un grand bonheur c’est comme un grand malheur, on ne réalise pas ce qui nous arrive ».

Mais peut-être qu’à trop aimer les mots, cette prose raffinée nous distance des personnages et nous empêchent de les accompagner, d’autant plus que nous sommes loin du film à revirements forts et à la structure cohérente faite pour nous tenir habituellement en haleine. On naviguerait plutôt. Avec plaisir certes, mais sans grande tempête pour nous saisir.

Dans un ton en droite lignée du plus français des cinémas, tout en trouvant une signature très personnelle, ce premier long-métrage laisse présager un bel avenir pour Louis-Do de Lencquesaing  en tant que réalisateur. Ne serait-ce que par la tendresse amoureuse, filiale, ou adolescente qui habite tout le film.

Anne Castelain.

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