– DE ROUILLE ET D’OS – Rencontre émouvante entre deux estropiés

Le nouveau film de Jacques Audiard, qui a fait sensation sur la croisette lors du dernier festival de Cannes, a ouvert le festival CINEMANIA ce jeudi soir. Il était présenté en première québécoise. A la fin de la séance, le film a été accueilli chaleureusement par des applaudissements nourris.

Synopsis

Quand Ali rencontre Stéphanie… Ali est sans domicile et n’a pas beaucoup d’argent mais il a un fils de 5 ans et une sœur, sur la côte d’Azur, qui s’occupe d’eux.  Stéphanie est belle et elle dresse des orques au Marineland du coin. Ils se rencontrent en boîte de nuit, après une bagarre. Ali ramène Stéphanie chez elle, lui laisse son numéro de téléphone. Puis Stéphanie a un accident pendant une réprésentation de son spectacle : elle n’a plus de jambes, elle a perdu sa joie de vivre. Ali va l’aider, sans s’apitoyer. La vie va redémarrer…

Critique

C’est l’histoire de deux estropiés. Ali (Matthias Schoenaerts, révélé dans le film Bullhead de Michaël R. Roskam), sans domicile, qui traverse la France du Nord au Sud avec son fils de 5 ans, Sam, et trouve refuge chez sa sœur. Des biceps plein les manches, un air dur mais un cœur tendre, Ali est une brute sentimentale. Il essaie tant bien que mal de s’occuper de son petit, participe à des combats clandestins très violents et rencontre Stéphanie (Marion Cotillard).

Au début du film, elle, n’est pas estropiée. Au contraire, la jeune femme est belle, sûre d’elle. Après une bagarre en boîte de nuit, Ali la reconduit chez elle, lui donne son numéro, mais n’espère pas forcément la revoir. Seulement voilà, lors d’une démonstration de dressage, un orque fonce sur Stéphanie. Elle perd ses deux jambes à hauteur des genoux. La voilà amputée, physiquement et mentalement.

Stéphanie se tourne alors vers Ali. Ce dernier l’aide à retrouver goût à la vie. Il ne la prend pas en pitié et cela lui plaît. Peu à peu, grâce à lui, elle retrouve des petits bonheurs quotidiens, comme celui de se baigner dans la mer par exemple. D’abord amis, leur relation prend ensuite un tournant plus sexuel. Grâce à Ali, Stéphanie redécouvre son corps mutilé et réapprend le plaisir.

Le réalisateur Jacques Audiard s’attaque là à un sujet difficile. Un sujet qui rappelle la trame d’un autre de ses long-métrages, Sur mes lèvres, sorti en 2001. L’histoire d’amour entre une sourde-muette et un ancien prisonnier qui cherche à se réinsérer. Audiard parvient là encore à traiter le handicap d’une manière subtile. Pas de misérabilisme. Les scènes les plus frappantes sont certainement les scènes d’amour entre les deux personnages. A chaque fois, il réussit à installer un climat tendre et sensuel, sans que le spectateur ne ressente de malaise.

De rouille et d’os ne dénote pas du reste de la filmographie du réalisateur français. On y retrouve facilement son souffle et les détails techniques qu’il utilise fréquemment : un rythme soutenu, une intensité, une mise en scène donnant la part belle aux personnages. Matthias Schoenaerts, acteur belge découvert récemment, est d’ailleurs plutôt impressionnant. L’émotion est au rendez-vous. Le rire aussi, à plusieurs reprises, avec des répliques qui font mouche.

Mis à part quelques longueurs et une fin un peu trop « gnangnan », totalement à l’inverse du reste du film, il n’y a pas à dire, De rouille et d’os est maîtrisé techniquement. L’image est léchée, les plans composés d’une manière impeccable. Jacques Audiard sait raconter les histoires et a l’art de les mettre en scène.

Anne-Laure Le Jan.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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