ENTREVUE – Maidy Teitelbaum : « CINEMANIA est destiné à tous, anglophones et francophones »

Maidy Teitelbaum, fondatrice et présidente du festival CINEMANIA.

Maidy Teitelbaum a fondé CINEMANIA, festival de films francophones, en 1995. Depuis, elle et son équipe s’investissent chaque année pour réunir des cinéphiles québécois, aussi bien anglophones que francophones. Elle a accepté de répondre à nos questions.

Comment est né le festival CINEMANIA ?

Très cinéphile, j’ai assisté en 1988 au Sarasota French Film Festival, en Floride. J’ai beaucoup apprécié son esprit, où la qualité primait. J’ai eu envie de m’en inspirer. Au Québec, peu de films français sortaient en salles. J’ai donc voulu faire découvrir aux Québécois une nouvelle culture.

Le festival a-t-il été difficile à mettre en place ?

Cela n’a pas été simple. Il a fallu se faire connaître, réunir des fonds. Le festival est financé quasiment entièrement pas des entreprises privées. Il a donc fallu les trouver. Mais cela a fonctionné. A présent, en terme de nombre de films présentés, CINEMANIA est le plus grand festival de films francophones en Amérique du Nord.

Au départ, le festival était surtout destiné aux anglophones. Cela a-t-il changé ?

L’idée du festival francophone pour les anglophones était un argument pour avoir l’autorisation de créer CINEMANIA et trouver ma place dans un paysage où existaient déjà des festivals francophones. Mais CINEMANIA est destiné à tout le monde, anglophones comme francophones, et je m’en réjouis.

Comment sélectionnez-vous les films présentés durant CINEMANIA ?

Nous sommes quatre personnes, toutes générations confondues, dans l’équipe.  Cela permet d’avoir des avis variés. Nous nous fions à la sélection des festivals de Cannes ou de Berlin et nous regardons énormément de DVD. En tout, chaque année, nous visionnons plus de 120 films avant de nous décider. Et nous présentons des films issus de n’importe quel pays francophone, à condition qu’il soit de qualité.

Cette année, aucun film québécois n’est programmé. Pourquoi ?

Nous avons déjà présenté des films québécois lors de CINEMANIA, mais souvent à travers des rétrospectives. CINEMANIA est un des derniers festivals de l’année. Les films québécois ont déjà été présenté avant ou sont déjà sortis en salles. Nous préférons donc nous concentrer sur des films issus d’autres pays francophones, présentés en première ici.

Comment voyez-vous évoluer le festival ?

C’est difficile à dire. Chaque année, il faut tout recommencer : rechercher des films, trouver des financements. Les idées peuvent aussi venir sur le tard ou après des événements imprévus. Comme le décès de Claude Miller cette année. Après avoir appris la nouvelle, il nous a semblé naturel de lui rendre hommage.

Pourquoi  privilégier un jury de spectateurs ?

C’est la manière la plus démocratique pour juger du meilleur film. Cela permet aussi de faire participer le public, d’une certaine manière, au festival CINEMANIA.

Propos recueillis par Anne-Laure Le Jan.

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